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Victor Loupan

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Cinq titres parus ou à paraître en ces mois d’avril et mai. Des titres qui sortent résolument des sentiers battus et des clivages simplificateurs que d’aucuns essaient d’imprimer à notre monde en crise. PREMIER TITRE L’anarchisme chrétien de Jacques de Guillebon et Falk van Gaver est un essai et un document inédit, puisqu’il aborde un sujet à la fois fascinant et peu connu : la révolte au nom du Christ. Habitués aux clichés tardifs du type « ni Dieu ni maître », nous avons oublié que l’anarchisme, comme le premier socialisme d’ailleurs, doit au christianisme plus qu’à n’importe quelle autre doctrine ou philosophie. Au fil des pages, les auteurs nous plongent dans les eaux profondes de l’insoumission à l’ordre des hommes. Fleuve souterrain aux détours sinueux, l’anarchisme chrétien irrigue depuis deux siècles la vie politique et intellectuelle du monde. Loin du « catéchisme révolutionnaire » de Netchaïev, des bombes de Ravachol et des cavalcades de Makhno, tantôt orthodoxe et tantôt hérétique, cette anarchie religieuse fonde la pensée de la non-violence, inspire les arts modernes, engendre la critique conjuguée de l’État et du libéralisme. Les anarchistes chrétiens furent les premiers à s’élever contre un monde rapace livré à la technique. Pour eux, l’« ordre sans le pouvoir » est le dernier mot temporel des enfants de Dieu. Jamais, à ma connaissance, l’histoire des révoltés de Dieu n’a été contée avec autant de connaissance et d’ampleur. Jacques de Guillebon et Falk van Gaver ne défendent pas une thèse, ils éclairent notre époque. DEUXIÈME TITRE Le bac inutile de Michel Fize, est consacré à un sujet qui, chaque année mobilise familles et médias. Chaque année, les épreuves du bac font la une des journaux. Chaque année, parents et élèves s’angoissent, guettent les résultats, espèrent les « mentions » qui ouvrent, pensent-ils, les portent des « grandes écoles ». Redoutable moment d’angoisse familiale, cet examen n’est pourtant ni une épreuve psychologique positive, ni un « bon » stress, ni un « rite de passage », dit Michel Fize, pour qui les bacheliers sont de grands « bernés de la République ». Les travaux de Michel Fize dans les domaines de l’adolescence, de la jeunesse et de la famille, font autorité depuis trente ans. Son avertissement est clair : la suppression du bac et son remplacement par un examen plus adapté aux exigences de la modernité est une priorité nationale. Décapant, argumenté, éclairant, Le bac inutile s’adresse à ceux que l’avenir de la jeunesse préoccupe, à ceux qui pensent que baisser les bras n’est pas une solution. J’ai, personnellement, beaucoup appris et compris en lisant ce livre. TROISIÈME TITRE Mariée à un musulman est un témoignage fort et même choquant. Publié sous pseudonyme à la demande de l’auteur qui craint les représailles et veut protéger son enfant issu d’un mariage d’amour devenu un cauchemar, l’ouvrage raconte l’histoire d’une jeune femme issue de l’immigration qui rencontre un jeune homme et en tombe éperdument amoureuse. Elle est d’origine portugaise, il est Algérien né en France. Leur idylle commence à Montfermeil, ville de la banlieue parisienne à forte population musulmane. Au début, tout se passe bien. Elle, qui a grandi sans père, est sous le charme de son fiancé. Le fait d’être catholique ne pose pas de problème. Elle ne pratique plus ou très rarement. Et lui, bien que musulman de naissance, se dit ouvert d’esprit. Les jeunes gens décident de se marier. Comme leurs familles n’ont pas les moyens de faire un beau mariage en France, il lui propose d’aller se marier en Algérie. Elle accepte avec joie. Mais, au bled, tout bascule... Avec un courage admirable, ce livre balaye les tabous les uns après les autres. Mariée à un musulman n’est ni une étude sociologique, ni un traité sur le mariage interreligieux. C’est un témoignage subjectif par essence qui n’a d’autre ambition que celle de raconter une vie, une histoire qui en dit long sur un état de fait au sujet duquel nous avons pris l’habitude de nous voiler la face. Sans mauvais jeu de mots… QUATRIÈME TITRE Les derniers jours de Jésus, livre que j’ai écrit avec Alain Noël, est une enquête minutieuse qui commence à la dernière Cène et se termine au moment de la mort du Christ en croix. Elle met en perspective les motivations des différents protagonistes, les replace dans le contexte politique, psychologique, économique et religieux de l’époque. En se déplaçant d’un bout à l’autre de la Galilée occupée par les Romains, le lecteur assiste aux événements, il les vit presque. Cela, grâce aux découvertes archéologiques les plus récentes et au travail sur les textes, menés par les chercheurs juifs et chrétiens, en Israël et ailleurs. On peut presque dire que ces Derniers jours de Jésus, édition augmentée de l’Enquête sur la mort de Jésus, décryptent la Passion et entraînent le lecteur au cœur d’un événement qui a changé la face du monde. Des cartes permettent de mieux situer les lieux où se déroulent les différents épisodes de cette histoire passée presque inaperçue, mais qui est fondatrice de notre civilisation. CINQUIÈME TITRE 1000 paroles de saintes est un livre à part. Même s’il s’inscrit dans la collection « Divines paroles » qui compte déjà une douzaine d’ouvrages, il est à part, parce que la sainteté féminine est un sujet unique, unique parmi les autres religions de l’humanité. Seul le christianisme donne, en effet, cette place aux femmes. Elles sont au pied de la Croix, c’est à elles qu’est annoncée la résurrection du Christ. Marie, la mère du Sauveur, Catherine de Sienne, qui fera revenir les papes à Rome, Thérèse d’Avila, auteur de génie proclamée « docteur de l’Église », Jeanne d’Arc, Hildegarde de Bingen, Thérèse de Lisieux, Anne-Catherine Emmerich… Ce sont les plus connues. Mais combien d’autres ont façonné l’Église, ont apporté au monde leur grâce et leur beauté intérieure. Rassemblées par François-Xavier Durye, les citations présentées dans 1000 paroles de saintes offrent un éventail spirituel d’une ampleur et une profondeur insoupçonnées. Je vous écrirai encore avant les vacances, chers amis, pour vous présenter notre programme de la rentrée, particulièrement riche et varié.

Victor Loupan

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